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Post-scriptum

Un esprit qui vadrouille au gré du chemin frêle
Se cache dans la rue au béton anonyme
Attend le messager d’une annonce éternelle
Et broie les inconnues des regards androgynes.


L’esprit ressent les vagues amoureuses d’antan
Effluves diluviens de deux jeunes enfants
Qui se sont pris la main, sans peine et sans tourments
Du début de leurs vies aux soupirs des amants.


Si tu croises un beau jour la rue à l’angle droit
Le passage discret dans la cité de feu
Pense à ces enfants-là qui débordaient d’émoi


Et par miracle alors, quand la lumière noire
Te rejoint en marchant, le pas léger et creux
Songe à mon cœur béni, à mon instant de gloire.

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Un bruit qui danse

Au bruit des pas dans le couloir
Au bruit de la porte bien noire
Au bruit des chaines qui se cassent
C’est lui qui plonge dans la glace
Le « clac » de son talon durci
Le « clac » de ses doigts raides et si
Tu claques dans tes mains le tempo
L’attaque va venir dans ton dos

Il danse sous la lumière bleue
Son pied brise le silence
Il danse sous la lumière bleue
Et il te fout en transe

Les pas endiablés enchantés résonnent fort sur les murailles de ta cave au néon grillé dont il avait fait son bercail.
Et tu admires stupéfait les méfaits dont il est coupable une carte en papier pliée posée en vrac sur la table
Il chauffe le tapis persan auquel tes parents tenaient tant et d’un coup d’pied il y met feu sous le portrait de tes aïeux.
Si tu le touches ou tu l’arrêtes ta main emportée avec lui t’fera tourner tourner la tête impuissant face à ta survie

Et si le ciel n’était pas clément
Les étoiles plantées au firmament
L’éclairent, lui parmi toute la foule
Qui le hue et le pousse, mais ce soir la lune est rousse
Mais quand le ciel, enfin, lassé de ses prodiges
Se fera bas et lourd, quand il aura le vertige
Alors comme un couvercle, il s’abattra
Sur son crâne incliné. L’angoisse reprendra ses droits.

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Intro

La musique est un temple où de vivants piliers
Chantent parfois bien fort une mélodie douce
Les saltimbanques-dieux et les lumières-fées
S’unissent en un son qui jaillit de la brousse

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Soir de fête

La plume au bord des mains et le cœur sur les doigts,
L’artiste en coulisse glisse sur le bois noir
Les structures en métal s’épuisent du fou du Roi
Et surgit sur la piste un cri de purgatoire.

La foule hurle et siffle en cadence parfaite
Les lyres sont posées et les câbles muets
La peur qui plaisait à mon jeune cœur de fête
Se change en un démon immense halluciné.

Instruments à la main comme des saintes armes
Nous avançons penaud jusqu’au cercle maudit
De lumière et d’extase où pour toute la nuit
Nous tâcherons de faire au public rendre l’âme.

Trois coups sur les baguettes et le train est parti
Il faudra y rester jusqu’à destination
S’accrocher aux poignées qui bordent les esprits
Pour encore survivre et d’art et de passion.

Le flou dans les paupières et les signes de loin
Des âmes immortelles agitées en gradin
Un doux soupir du diable et le pâle chagrin
Se change en énergie, alimente nos mains.

Entendez-vous public, le son de la guitare ?
Et la voix merveilleuse au-dessus de vos têtes ?
Vos tympans nous implorent, il est déjà trop tard,
Bienvenue à vos ouïes, ce soir c’est notre fête !

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L’amour réinventé

Qui dira le vertige secret,
Les délices des dialogues muets ?
Qui saura la rusée malice
D’un délicieux rire complice ?
Quel poète prendra le crayon
Pour chanter la cime d’un chignon ?
A-t-on jamais imaginé
L’amour d’un coup réinventé ?

Il suffit qu’un tel être vous manque
Pour que tout soit ou envoûté
Ou aux heures noires décoloré.
Ô tristesse des calanques !
Le rose pleure malgré soi du noir
Le spleen attaque les jours heureux
Le coup de cœur laisse voir des bleus
A l’amertume raide à boire.

Un chut ! tarit les mauvais rêves.
L’enchantement d’un murmure se lève.
Le bloc de terre réclame sa fleur.
Le beau roman retrouve son cœur.
Ton cri me donne ton silence
Me rend la magie de nos transes.
A nouveau adoptés par l’ouvert
Nous errons hagards à l’envers.
Nous voilà cette victoire si belle,
Très exacts dans l’exceptionnel.

Tourbillon de cœurs ébahis
Plaisirs et secrets de nos nuits
J’ai reçu au cœur ton visage
Ce terrible sourire qui ravage.
J’ai éprouvé au ventre nos feux
Catastrophe connue de nous deux.
L’amour réinventé one pot.
L’amour réinventé one shot.

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Ode à une nuit d’été

Les sourires en fleurs, à la lumière tamisée
Le feu dans les regards, l’herbe fraîchement coupée
Si même le soleil ne veut pas se coucher
La nature s’éveille, et les masques tombés
Nous emmènent au croisement des êtres enchantés
Où danse le souvenir de cette nuit d’été

Foisonnent en terrasse
Les cocktails amoureux
Aux couleurs vivaces
Et les passants envieux
Se plongent dans leurs histoires
Auxquelles ils ne croient plus
L’été s’empare ce soir
Des malheurs inconnus

Deux amours éphémères
Bercés de leurs promesses
S’abandonnent à l’ivresse
Des embruns de la mer
Ils veulent croire au destin
A toute la providence
Que l’été puise, malin
Dans leurs belles insouciances

Les astres de lumières
Partent se promener
Ils se font regarder
Par les enfants, bien fiers
Qui jouent à s’inventer
Des souhaits de l’impossible
Ils s’endorment, paisibles,
Et rêvent à leurs côtés

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Rendez-vous

Postée dans la clairière,
D’un châle blanc vêtue,
Droite dans la lumière,
Elle marche les pieds nus.

Son œil, un brin amer
Pétille, qui l’aurait cru ?
Elle fixe chaque pierre,
Me guette, moi l’ingénue.

Et je marche et je cours, suivie par l’ombre blanche ;
Excitée, inlassable, je fuis sa gueule d’ange :
Elle qui m’avait promis merveilles et miracles
Me saisit par le cou…

Et j’entends sa voix douce et ses murmurements,
Dans le coin de cambrousse ou j’ai vécu enfant…
Le poids des souvenirs qui revient à la charge
Tout à coup…

L’horizon se noircit au fil des âges,
Et du fil de la vie j’ai cru faire bon usage.
Je cueille les immortelles des pâturages,
Lentement je respire, prends mes jambes à mon cou.

Je lui ai donné rendez-vous :
A cinq heures, soyez-là, je vous attends
Dans le tout petit bois de Madiran…
Je jetterai mes armes à vos pieds, voulez-vous ?

Elle me prendra la main doucement,
Et trainera mon corps endormi
Dans son immense, immense royaume blanc
Où tous les habitants sourient

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Tempête sous un crâne

Le rêve que j’ai eu cette nuit-là
Se trouve cacheté dans l’enveloppe
Brûlée de ma main noire et misérable.

J’ai dans ma tête un vide, qui ne fait qu’angoisser
Mes heures de folies lors du bal des pendus
Les deux esprits s’affrontent, d’une lutte acharnée
Imposent leur figure aux murs de mon musée.

Le tendre et doux regret de la vie impossible
Je ne sais si la Terre voulut que je me couche
Dans la paille piquante de cette Scaramouche
Ou je danse la vie d’apparence impassible.

Lorsque mon corps, lassé, songe à la délivrance
A la ville des soupirs du bonheur androgyne
Qui s’annonce salvatrice des tourments de l’enfance

Je hurle et pleure et siffle, en cadence phrygienne
Et j’essaie de lever ma main contre mon torse
D’arriver tête haute dans l’océan des hyènes
Qui enlise mon cœur.

Mon cœur, harassé, las de ces sourdes douleurs,
Implore la pitié de ton âme impossible
Mon cœur terne et gris dans ses dernières ardeurs
S’oublie dans le long fleuve des pensées indicibles.

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Un dimanche

Un dimanche noir de pluie
De brouillard et de bruine
Va savoir va comprendre
Ce dimanche-là sourit
Qui se plaît à étendre
Son traversin de braises
Au-dessus du foyer
Irradié de mille feux.

Un dimanche soir et gris
De feuilles mortes et de nuit
Va savoir va comprendre
C’est un dimanche qui rit
D’un sourire de minuit
Qu’un soleil incendie
Au profond de la vie
Sans fureur et sans bruit

Un dimanche bas et lourd
De novembre et de froid
Va savoir va comprendre
Ce dimanche n’a pas froid
Qui fredonne à mon cœur
Des grimaces enfantines
D’où s’échappent par nuées
Des trésors de baisers

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Who R U?

Label, format, logo
Qui me suivent à la trace,
Cartel, schéma, ego
Qui me rivent à la race,
Cheptel, blabla, euro
Qui me classent à la face,
De votre triste mécanique
Je devine la panique.

Papiers d’identité bavards
Who R. U. ?
Identités papier buvard
That’s 4. U. !

L’obsession de mes gènes
Dont se nourrissent vos haines,
Vos codes qui me verrouillent
Tout ça sent la trouille.
Vous me faites une évolution
Prévisible et docile
Vous prendrez ma révolution
Inflexible et civile.

Les valeurs éternelles
De l’ordre paternel
M’épient et me fichent
Dans un fantôme fétiche
Toisé, épié, fixé
Déclassé, annexé
Mais mon corps tremble encore
Bien plus fort que la mort

Pierre papiers ciseaux puits
C’est à qui écrase qui
En classe, en file, en rang
Est-ce tellement important ?