Catégories
Paroles

Hémisphère(s)

Dans la plaine du Saint Forez,
Aux pieds des arbres centenaires,
Rôde le soir l’âme légère,
De Céladon…

La brume cache la fougère,
La lune douce au goût amer,
Langue fourchue, éphémérides,
A Céladon…

Astrée au ciel et en autel,
Des oraisons aux bruits de verre,
Les lianes qui passent de travers,
Chez Céladon…

Pris par l’herbe du fourvoiement,
Le passant scrute l’épitaphe,
Les ombres des nymphes biographes,
De Céladon…

Hâte-toi lentement, étranger qui repose
Dans ce temple doré où reine est la nature.
Approche doucement les stèles si tu l’oses
Dans ce temple maudit où régnera l’obscur.
Sens-tu la douce peau de ma main sur ta joue ?
Céladon en lambeaux qui saisit ta fortune,
Le souffle abouté du prophète-roi fou,
Céladon écarlate et jalouse la Lune.

Divin pasteur à la constance
Qu’aucun autre homme ne possède,
Ta peine requiert ta patience
Et la lenteur de Nicomède.

Les pas brisés du preux convoi
A ta recherche s’en allant,
Perdent leur âme dans le Lignon,
Caressent l’eau du firmament.

L’heure viendra finir ta gloire ;
Les odes émues des nymphes atteintes
De ton aura et tes déboires ;
De l’eau jaillit un cri de plainte.

Astrée parvient à faible allure,
Guidée par un vent de cyanure,
Tuer Thanatos immortel ;
Rideau sur la fable nouvelle.

Le Forez ancien retrouve tout son calme
Au lever du moineau annonciateur de larmes
Passant, toi qui frémis de ta nuit dérivée
Songe un seul instant au sourire d’Astrée,
Retrouve son amant et le temple maudit
Où son tableau jadis lui vola son répit
Les lois imperturbables enivrées de Soleil
Quand marche sur Lignon la tribu des abeilles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *